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Voitures électriques : le succès qui coûte cher à VW, BMW et Mercedes

Plus d'électriques vendues, moins de marge : VW, BMW et Mercedes subissent le choc du boom européen et de l'effondrement du thermique en Chine.

Les constructeurs allemands vendent plus d'électriques que prévu, et c'est précisément ce qui fragilise leurs résultats. Entre marges rognées en Europe et profits chinois en chute libre, la rentabilité du secteur est sous pression.

Un boom de la demande qui érode la rentabilité

Au troisième trimestre, les modèles électriques ont représenté 26 % des ventes de la marque VW, d'Audi, de BMW et de Mercedes, contre 19,5 % un an plus tôt. En octobre, 37 % des immatriculations neuves en Europe étaient électriques, un record. Le moteur est clair : l'envolée des prix des carburants liée à la guerre en Iran, renforcée par les aides publiques. Selon l'analyste Horst Schneider, de Bank of America, les conducteurs peuvent économiser 50 % des coûts d'usage aux prix actuels.

Ce succès arrive pourtant au pire moment pour les comptes. La batterie reste le poste qui empêche une production électrique au coût du thermique. Chez VW, la marge de l'ID.Cross atteint seulement 70 à 80 % de celle d'un thermique comparable, et d'autres séries font moins bien. VW comme Mercedes n'attendent la parité de coût qu'à la fin de la décennie.

Un carnet de commandes qui aggrave le mix

Les électriques pèsent 40 % du carnet de commandes de VW, dont 150 000 commandes pour la famille de petits modèles ID.Polo, très peu rentables. Chez un distributeur Mercedes, 60 à 70 % des précommandes sont électriques. Le directeur financier de VW, Arno Antlitz, prévoit que la marge subira donc une pression encore plus forte.

La Chine, de moteur de profit à gouffre

Le second choc vient de Chine, où le segment thermique, dont les marques allemandes dépendent encore, s'effondre : -28 % sur neuf mois, -42 % au troisième trimestre. VW y affiche pour la première fois une perte sur neuf mois, de 113 millions d'euros, contre un bénéfice de 744 millions un an plus tôt. Mercedes ne tire plus que 37 millions d'euros de sa coentreprise au troisième trimestre, contre 602 millions un an auparavant. BMW prévoit de supprimer 1 800 postes dans sa coentreprise chinoise.

Des signes d'amortissement, mais fragiles

Le tableau n'est pas uniformément sombre. BMW indique que l'iX3 est proche de la parité dans certains marchés européens clés. Le cash-flow net de VW a atteint 4,4 milliards d'euros sur neuf mois, contre 1,8 milliard, mais il s'explique par des investissements réduits et des cessions d'actifs, et non par une meilleure rentabilité. Chez BMW et Mercedes, le free cash-flow recule respectivement de 73 % et de 44 %, en partie à cause des stocks liés au renouvellement de la gamme.

Un dilemme sans issue rapide

Le quatrième trimestre s'annonce plus difficile. BMW table sur une marge opérationnelle automobile annuelle comprise entre -0,5 et +0,5 %, alors qu'elle atteint 3,5 % après trois trimestres. VW prévoit une rentabilité opérationnelle comprise entre 0 et 1 %. Des provisions pour les plans sociaux, dont 8 000 suppressions de postes chez BMW, et le renchérissement attendu de l'acier, de l'aluminium et des matières premières de batteries pèseront aussi.

Le dilemme est net. Brider l'offre électrique protégerait la marge à court terme, mais laisserait aux constructeurs chinois des parts de marché en Europe. La produire en volume accentue l'érosion des profits. Les données du dossier ne permettent toutefois ni de chiffrer l'effet sur les exportations allemandes, faute de statistiques de commerce exploitables, ni d'affirmer que la tendance persistera au-delà de 2027.

Cet article a ete redige avec l assistance de l intelligence artificielle et verifie par notre equipe editoriale.

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