Énergie & Matières premières • 6 min de lecture • Kambelys Intelligence Analyse assistée par IA

Gazole : la pénurie qui tend raffineries, exportateurs et majors

Gazole en pénurie : raffineries US à 95%, Inde taxe ses exportations, marges record pour BP et ExxonMobil. Analyse des tensions sur le raffinage.

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Les raffineries américaines tournent à un rythme inédit depuis 1998, l'Inde relève ses prélèvements sur le gazole exporté et les majors affichent des profits en nette hausse. Ces signaux dispersés convergent vers un même goulet d'étranglement : le distillat, devenu la denrée la plus rare du complexe pétrolier.

Un choc d'offre qui se lit dans les raffineries

Les chiffres américains sont les plus parlants. Entre mai et septembre 2026, l'utilisation des raffineries des États-Unis a dépassé 95 % de la capacité, un niveau que ces mois n'avaient pas connu depuis 1998. À titre de repère, la moyenne de ces cinq mois depuis 1991 s'établit à 92 %, contre 88 % sur les sept autres mois de l'année. L'écart est donc de trois points avec la norme saisonnière, ce qui représente beaucoup dans une industrie où l'on tourne déjà près du maximum technique.

L'explication tient à un déséquilibre mondial sur les distillats. Le gazole a atteint des prix records, en raison de la guerre en Iran et des frappes ukrainiennes sur des raffineries russes. Les marges sont devenues si attractives que les raffineurs américains ont cherché à répondre à une demande internationale très forte pour leurs exportations de gazole. L'administration Trump les a d'ailleurs encouragés à produire davantage.

Une limite physique : la capacité

Le tableau a toutefois une borne. Si le taux d'utilisation est le plus haut depuis 1998, la production totale n'est la plus élevée que depuis 2019. La raison est mécanique : la capacité de raffinage américaine a reculé de 4 % depuis 2019. Autrement dit, les raffineurs compensent par l'intensité d'usage ce qu'ils ont perdu en infrastructure. Cette stratégie a un plafond, et elle expose les installations à une usure accrue, même si le dossier ne chiffre pas ce risque.

L'Inde protège son marché intérieur

La même pénurie se lit de l'autre côté du globe. Depuis le 27 mars, New Delhi révise tous les quinze jours ses prélèvements à l'export sur les carburants, en fonction des cours internationaux du brut, de l'essence, du gazole et du kérosène aviation. L'objectif est explicite : décourager les ventes à l'étranger pour garantir la disponibilité des carburants au détail.

Pour la période qui s'ouvre le 31 octobre, le prélèvement sur le gazole exporté passe de 8,5 à 11,5 roupies par litre, soit une hausse d'environ 35 %. Celui sur le kérosène aviation progresse plus modestement, de 10,5 à 11 roupies, tandis que celui sur l'essence est ramené à zéro. Le signal est net : le gazole est la molécule que le pays veut retenir.

Cette décision intervient alors que les exportations indiennes de gazole ont atteint 700 000 barils par jour en octobre, leur plus haut niveau depuis septembre 2025, sous l'effet d'une pénurie mondiale particulièrement sensible en Europe. Les analystes de Kpler anticipent un reflux à 500-550 kb/j en novembre-décembre, la demande domestique saisonnière atteignant son pic, puis une remontée à 550-600 kb/j au premier trimestre 2027. Cela représente une baisse d'un cinquième à plus d'un quart des volumes exportés à court terme. Une maintenance plus lourde au deuxième trimestre 2027 limiterait ensuite les expéditions, les nouvelles capacités ne pesant sensiblement que plus tard dans l'année.

Des profits qui suivent la rareté

Dans ce contexte, la rentabilité des acteurs intégrés s'envole. Les bénéfices de BP ont quadruplé en un an, et son action a gagné 39 %. ExxonMobil et Chevron ont dépassé les prévisions grâce à la hausse des marges de raffinage domestique liée aux conflits en Iran et en Ukraine. TotalEnergies voit son troisième trimestre porté par un boom du raffinage. Le fil rouge de ces résultats est l'aval : ce n'est pas seulement le prix du brut qui profite aux groupes, mais l'écart entre le brut et les produits raffinés.

La chaîne causale est donc cohérente. La rareté du gazole fait monter les marges. Les marges poussent les raffineurs à tourner à plein régime et à exporter. Les pays exportateurs, soucieux de leur propre approvisionnement, taxent leurs ventes, ce qui resserre encore l'offre disponible sur le marché international. Chaque étape alimente la précédente.

Ce que les données ne permettent pas d'affirmer

Plusieurs éléments invitent à la prudence. D'abord, l'intensité du phénomène n'est pas constante : en octobre, l'utilisation des raffineries américaines a reculé par rapport aux sommets de l'été, tout en restant au-dessus de la moyenne saisonnière 2021-2025. Ensuite, le dossier ne contient ni marge de raffinage chiffrée ni prix du gazole : le lien entre tension sur les distillats et profits repose sur des constats convergents, non sur une série quantitative. Les montants publiés pour BP sont d'ailleurs discordants selon les titres (4,7 et 8,6 milliards de dollars), ce qui impose de n'en retenir que la direction.

Côté gaz européen, les relevés de flux physiques des 30 et 31 octobre montrent des écarts brutaux, par exemple à Emden, où l'entrée en provenance de Norvège passe de 402,5 millions de kWh par jour à 77,6 millions, ou à Oberkappel, dont la sortie chute de 112,5 à 22,6 millions. De tels mouvements ressemblent à des relevés incomplets de fin de période, et un point de mesure, celui de Zevenaar, n'est pas renseigné. Aucun lien causal avec le marché du gazole ne peut en être tiré. Les prix day-ahead de l'électricité du 30 octobre, autour de 250 euros par MWh en Tchéquie, au Danemark (DK-1) et en Suisse, contre 77,51 en Finlande, rappellent seulement que la pression énergétique européenne est inégalement répartie.

Une conclusion proportionnée

Les faits établissent que le distillat est aujourd'hui le maillon le plus contraint de la chaîne pétrolière : il explique des taux d'utilisation sans équivalent depuis plus d'un quart de siècle, une politique d'export restrictive à New Delhi et des résultats solides pour les majors. Ils n'établissent ni la durée de ce régime ni son ampleur exacte. Le repli attendu des exportations indiennes et le recul d'octobre aux États-Unis suggèrent une tension qui évolue avec les saisons plutôt qu'un choc uniforme. Le prochain jalon utile sera la prochaine révision fortnightly des prélèvements indiens et l'évolution des marges de raffinage, que le dossier actuel ne permet pas de mesurer.

Cet article a ete redige avec l assistance de l intelligence artificielle et verifie par notre equipe editoriale.

Cette analyse a été produite avec l’assistance de l’intelligence artificielle, à partir de sources institutionnelles et de données ouvertes vérifiables. Transparence IA

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