Gaz : l'Allemagne dépend d'Emden, les routes de l'Est restent muettes
Gaz : Emden concentre les flux, les routes orientales à zéro. Découvrez les chiffres des 23-24 octobre et les enjeux de sécurité d'approvisionnement.
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Une carte des flux très déséquilibrée
Le 23 octobre 2026, l'entrée physique à Emden EPT1, sur la liaison norvégienne Norpipe, atteignait 432 030 973 kWh/j, soit environ 432 GWh/j. Les points orientaux affichent à l'inverse un silence complet. Mallnow (PL-DE Yamal), VIP Waidhaus (CZ-DE) et Baumgarten TAG (SK-AT) enregistrent zéro, à l'entrée comme à la sortie, les 23 et 24 octobre.
Un héritage de 2022
Cette configuration est cohérente avec la rupture de 2022. La Russie avait alors coupé l'essentiel du gaz par gazoduc vers l'Europe après l'invasion de l'Ukraine. Quatre ans plus tard, les compteurs d'Yamal et de Waidhaus ne montrent aucun transit. Le point norvégien devient mécaniquement celui qui pèse le plus dans les données observées.
Un recul brutal le 24 octobre
Le lendemain, l'entrée d'Emden tombe à 127 675 972 kWh/j, soit environ 70 % de moins en un jour. D'autres points reculent dans les mêmes proportions. La sortie de VIP Oberkappel (AT-DE) passe de 134,3 à 32,7 GWh/j, soit environ -76 %. L'entrée de Tarvisio (AT-IT) passe de 40,5 à 11,2 GWh/j, soit environ -72 %. L'entrée de Zevenaar (NL-DE) reste indisponible.
L'uniformité de ces baisses invite à la prudence. Elle peut traduire des données provisoires ou des opérations de maintenance, et le dossier ne permet pas de trancher.
Un contexte de demande en repli
Ces flux s'inscrivent dans un marché secoué par la guerre d'Iran et par l'absence de GNL du Moyen-Orient. La demande mondiale de gaz a reculé cette année, avec des prix à leurs plus hauts depuis quatre ans. L'Europe et l'Asie se sont davantage appuyées sur les renouvelables et le charbon pour produire leur électricité.
Selon Ember, la part du gaz dans le mix électrique mondial a reculé pour la cinquième année consécutive en 2025. L'éolien et le solaire ont couvert environ 68 % de la hausse de la demande d'électricité sur cinq ans. Une demande plus faible atténue le risque lié à la concentration des entrées. Elle ne le supprime pas.
Le pari des exportateurs
Les grands acteurs du GNL parient sur un rebond de long terme. Shell anticipe une demande de GNL proche de 700 millions de tonnes par an en 2050, soit environ 65 % de plus que les 422 millions de tonnes de 2025. Cette projection est portée surtout par l'Asie du Sud et du Sud-Est. Elle ne dit rien de la sécurité d'approvisionnement européenne à court terme.
Ce qu'on peut en conclure
Les données montrent une dépendance visible au point norvégien d'Emden et une inactivité totale des routes orientales. Le dossier ne contient que deux jours de relevés, sans stockage ni flux de GNL. Il ne permet donc pas de conclure à une fragilité de l'approvisionnement. Il faut d'abord vérifier si la baisse du 24 octobre se confirme dans les relevés suivants.
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