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Solaire et stockage au Bangladesh, raffinage record : deux réponses à un même choc

Le Bangladesh convertit un site charbon en centrale solaire de 442 MW avec 8h de stockage, pendant que le raffinage pétrolier bat des records.

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Pendant que BP, Chevron ou ExxonMobil profitent de marges de raffinage dopées par les tensions géopolitiques, le Bangladesh réaffecte un site prévu pour du charbon à une centrale solaire de 442 MW dotée de huit heures de stockage. Ces deux signaux, en apparence opposés, relèvent d'une même logique de sécurité énergétique.

Deux trajectoires qui se nourrissent du même choc

Les résultats du troisième trimestre 2026 des grands pétroliers racontent une histoire connue : celle d'un marché où la volatilité rapporte. Les titres consacrés à BP évoquent un bénéfice multiplié par quatre en un an et une action en hausse de 39 %. ExxonMobil et Chevron dépassent les prévisions des analystes, et TotalEnergies profite lui aussi d'un boom du raffinage. Le moteur commun est identifié : les conflits en Iran et en Ukraine soutiennent les marges de raffinage.

Le même contexte produit un effet moins visible, mais plus durable. Pour un pays qui importe son énergie, chaque hausse des prix des hydrocarbures renforce l'intérêt des actifs dont le coût ne dépend plus d'un baril. Le Bangladesh en offre un exemple instructif.

Rampal : quand le charbon cède sa place au soleil

Le comité exécutif du Conseil économique national, présidé par le Premier ministre Tarique Rahman, a approuvé une centrale solaire de 442 MW couplée à du stockage par batteries. Le Bangladesh Power Development Board la construira pour 25 milliards de BDT, soit 200 millions de dollars, ce qui en fait la plus grande installation solaire du pays. Elle sera implantée à côté de la centrale à charbon de Rampal, qui compte 1,32 GW, sur 371,7 hectares initialement réservés à une seconde unité fossile.

Ce choix de foncier compte autant que la puissance installée. Une emprise destinée à étendre la production charbonnière est redirigée vers le solaire, et le calendrier est ferme : mise en œuvre de septembre 2026 à mars 2029. Les autorités invoquent explicitement la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et des émissions, mais le moteur immédiat reste la pénurie d'électricité. « Nous voulons installer la centrale le plus vite possible pour répondre à la demande », a déclaré le ministre délégué à la Planification, Zonayed Abdur Rahim Saki.

Huit heures de stockage : le vrai signal

Le détail le plus parlant tient à la durée de stockage. Elle atteint huit heures, soit le double de ce que prévoyait le plan initial. Une centrale solaire sans stockage ne répond pas à la pointe du soir, quand la demande est forte et que le soleil a disparu. En doublant la durée de stockage, le projet vise à déplacer une plus grande partie de l'énergie vers ces heures de tension. Rapporté à l'investissement, le coût s'établit à environ 0,45 million de dollars par mégawatt, stockage compris (calcul de la rédaction à partir des chiffres du projet).

Un écosystème de mesures pour abaisser le coût du capital

Le projet ne vient pas seul. Le gouvernement a abaissé en septembre les droits sur les équipements solaires importés de 17 % à 1 % pendant 180 jours. Il a instauré un tarif de 10,50 BDT/kWh pour le surplus des installations en toiture sous net-metering, et créé un fonds de 123 millions de dollars pour le solaire en toiture et d'autres renouvelables. Les garanties de paiement pour les projets renouvelables ont été rétablies afin d'améliorer leur financement bancaire. La politique 2026-2030 fixe un objectif de 20 % de renouvelables dans la production d'électricité en 2030.

Le point de départ reste modeste : 1 871 MW de capacité renouvelable installée, dont 1 492 MW de solaire, soit environ 80 % du parc renouvelable (calcul de la rédaction). Rampal ajouterait près de 30 % à la flotte solaire actuelle. L'enjeu est donc moins la taille absolue que la méthode : fiscalité, tarif, garanties et foncier sont alignés sur un même objectif.

La technologie travaille en arrière-plan

Un autre signal faible, plus lointain, concerne les surfaces photovoltaïques. Brilliant Matters, HeiQ et le groupe de recherche Solar Factory du Forschungszentrum Jülich ont développé des cellules organiques semi-transparentes atteignant 12,04 % de rendement maximal, avec des modules imprimés à 10,2 %. L'entreprise canadienne vise une disponibilité commerciale en 2028 pour un coût inférieur à 150 dollars le mètre carré, et indique que des essais clients sont en cours.

Ces cellules ne rivaliseront pas avec les panneaux au silicium sur les grandes centrales. Leur intérêt tient aux usages où la lumière doit passer : façades, vitrages, serres. Ils élargissent la surface exploitable pour la production d'électricité sans mobiliser de terrain, ce qui compte pour les économies urbaines denses.

Le capital reste aussi attiré par le raffinage

Les marchés ne délaissent pas pour autant les hydrocarbures dans les pays émergents. L'introduction en Bourse de la raffinerie Dangote, au Nigeria, visait 1,6 milliard de dollars pour doubler une capacité de 700 000 barils par jour, déjà la plus grande du continent. Son promoteur affirme que la demande a représenté trois à quatre fois ce montant. L'argument est économique : l'Afrique importe plus de 70 % de ses produits pétroliers raffinés. Là aussi, la logique est de réduire une dépendance, mais en investissant dans le fossile local plutôt que dans le solaire.

Ce que ces signaux ne prouvent pas

La prudence s'impose sur plusieurs points. Les chiffres de BP circulent avec des écarts, de 4,7 à 8,6 milliards de dollars selon les titres, que le dossier ne permet pas de réconcilier. Les informations sur les majors reposent sur des résumés, pas sur des états financiers détaillés. Rien n'établit non plus que la décision de Rampal découle directement des profits pétroliers. Le mécanisme proposé ici est une lecture cohérente, pas une preuve.

Le dossier ne dit pas non plus si la seconde unité à charbon est abandonnée ou seulement différée. La baisse de droits à 1 % est temporaire, et le projet ne produira rien avant plusieurs années. Côté gaz européen, les points d'interconnexion de Mallnow et de Waidhaus affichent zéro flux le 31 octobre, alors que l'entrée de Norpipe à Emden enregistre 77,58 millions d'unités, que le jeu de données ne précise pas. Ce seul jour ne dessine aucune tendance.

Une transition dictée par la contrainte

Ce que l'on peut raisonnablement retenir est une hiérarchie des motivations. Dans les économies importatrices, le solaire avec stockage avance parce qu'il répond à un problème immédiat de pénurie et de facture extérieure, et la baisse des émissions vient en prime. Dans le même temps, la volatilité qui motive ces choix continue d'enrichir le raffinage. Le signal à surveiller dans les prochains mois est la suite donnée à l'emprise de Rampal et la pérennité des allègements fiscaux au-delà des 180 jours.

Cet article a ete redige avec l assistance de l intelligence artificielle et verifie par notre equipe editoriale.

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