Macroéconomie • 6 min de lecture • Kambelys Intelligence Analyse assistée par IA

Matières premières : l'or au sommet, l'énergie creuse le déficit des flux mondiaux

Or au-dessus de 4 280 $, gaz sous 3 $ : les matières premières divergent. Commerce mondial dominé par l'électronique, énergie en fort déséquilibre.

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**Entre un or au-dessus de 4 280 dollars l'once et un gaz naturel américain sous les 3 dollars, les marchés de matières premières évoluent à des vitesses très différentes. Les statistiques d'échanges montrent un commerce mondial dominé par l'électronique et l'énergie. La remontée des rendements de trésorerie et le repli de la consommation en France compliquent l'équation.**

Un commerce mondial en apparent excédent

Les valeurs agrégées du commerce de marchandises décrivent un ensemble d'une ampleur considérable. Toutes catégories confondues, les exportations cumulées atteignent environ 349 874 milliards, contre près de 333 818 milliards pour les importations. L'écart, de l'ordre de 16 056 milliards, représente un peu moins de 4,8 % des flux importés. Dans un système fermé, exportations et importations mondiales devraient s'équilibrer. Ce différentiel reflète donc surtout des conventions de déclaration et de valorisation hétérogènes entre pays déclarants, plutôt qu'un véritable surplus planétaire.

Cette base permet néanmoins de repérer les grands postes qui structurent les échanges. Elle permet aussi de les confronter aux prix observés fin septembre 2026 sur les marchés de métaux et d'énergie.

L'électronique, premier poste des échanges

Les machines et équipements électriques, avec leurs composants et appareils d'enregistrement et de reproduction, constituent le premier chapitre du commerce. Côté importations, ils totalisent près de 54 986 milliards, soit environ 16,5 % des achats cumulés. Les exportations déclarées atteignent 50 811 milliards, environ 14,5 % des ventes. Cette prééminence confirme que la chaîne de valeur électronique, très fragmentée entre sites d'assemblage et de production de composants, génère des flux croisés massifs. Un même produit peut franchir plusieurs frontières avant sa commercialisation finale.

L'énergie, le déséquilibre le plus marqué

Les combustibles minéraux, huiles minérales et produits de distillation occupent la deuxième place à l'importation, avec près de 54 000 milliards. Les exportations déclarées ne dépassent pas 41 899 milliards. L'écart d'environ 12 100 milliards est le plus important de tout le panier observé. Il traduit la complexité des flux pétroliers et gaziers, marqués par le transit, le raffinage dans des pays tiers et des écarts de valorisation liés au transport.

Côté prix, le gaz naturel au comptant sur le Henry Hub s'établissait à 2,90 dollars par million de BTU au 22 septembre. Le kérosène aux États-Unis cotait 4,354 dollars le gallon à la même date. Le contraste entre un gaz bon marché et un carburant aérien nettement plus onéreux illustre la déconnexion entre énergie primaire abondante et produits raffinés. Dans ce contexte, les initiatives de diversification énergétique se multiplient. Haffner Energy mise ainsi sur une station de distribution d'hydrogène à Marolles pour générer de nouveaux revenus.

Industrie : machines, véhicules et aéronautique

Les machines et appareils mécaniques, dont les chaudières et les réacteurs nucléaires, présentent un profil remarquablement équilibré. Les exportations atteignent 39 989 milliards et les importations 39 300 milliards, un écart inférieur à 2 %. Ce quasi-équilibre caractérise les biens d'équipement, échangés de manière réciproque entre grandes économies industrielles.

L'automobile sous tension

Les véhicules routiers et leurs pièces affichent 31 889 milliards à l'exportation, contre 26 732 milliards à l'importation, soit un écart d'environ 5 157 milliards. Ces volumes contrastent avec la conjoncture industrielle récente. Stellantis a recours au chômage technique, signe d'une demande insuffisante pour absorber les capacités de production. En France, les dépenses de consommation des ménages se sont repliées en août, ce qui pèse sur les achats de biens durables.

Le marché des équipements automobiles montre toutefois des recompositions. Fin 2025, les ventes de pneus toutes saisons pour SUV et 4×4 ont dépassé celles des pneus d'été, à 4 573 unités contre 3 956. Au premier semestre 2026, les ventes de pneus toutes saisons ont encore progressé de 15,7 %. La demande se déplace donc vers des produits polyvalents, au détriment des références spécialisées.

L'aéronautique, poste fortement exportateur

Le secteur des aéronefs, engins spatiaux et pièces détachées présente l'asymétrie la plus nette en faveur des exportations. Celles-ci atteignent 4 976 milliards, contre 2 240 milliards à l'importation, un rapport supérieur à deux. Ce déséquilibre reflète la concentration de la production entre quelques grands constructeurs, face à une clientèle mondiale dispersée. La confiance affichée par Airbus quant à ses perspectives s'inscrit dans cette dynamique d'un secteur dont les carnets restent structurellement portés par la demande internationale.

Acier, plastiques et pharmacie

Le fer et l'acier totalisent 9 049 milliards à l'exportation et 6 431 milliards à l'importation. Les plastiques suivent une logique voisine, avec 10 984 milliards exportés et 9 235 milliards importés. Les produits pharmaceutiques inversent la tendance : les importations déclarées atteignent 11 657 milliards, soit environ le double des exportations, à 5 782 milliards.

Les données pondérales disponibles pour la robinetterie industrielle, qui regroupe les robinets, vannes et détendeurs, apportent un éclairage complémentaire. Les exportations, de 57 024 millions, correspondent à un poids d'environ 3 022 millions d'unités de masse. Les importations, de 54 727 millions, pèsent environ 1 809 millions. La valeur unitaire à l'importation ressort donc nettement plus élevée, autour de 30 contre 19 à l'exportation. Ce résultat suggère que les produits importés sont davantage sophistiqués.

Métaux : l'or au sommet de la hiérarchie

Sur les marchés de métaux, les cotations des 26 et 27 septembre 2026 sont restées strictement identiques, en l'absence de séance sur ce week-end. L'or s'établit à 4 284,675 dollars l'once, l'argent à 64,301 dollars. Le ratio or/argent ressort ainsi à environ 66,6. Il reste à un niveau intermédiaire, sans tension extrême entre valeur refuge et métal à usage industriel.

Le platine vaut 1 777,80 dollars l'once, contre 1 265,241 dollars pour le palladium, soit un rapport d'environ 1,4 en faveur du premier. L'or vaut pour sa part près de 2,4 fois le platine. Cet écart souligne la préférence persistante des investisseurs pour l'actif monétaire par excellence, au détriment des métaux liés à l'automobile.

Les métaux de base, baromètre de l'industrie

Exprimés dans la même unité de référence, les métaux industriels s'ordonnent de façon lisible. Le nickel arrive en tête à 0,5085 dollar, devant le cuivre à 0,467, le zinc à 0,1212, l'aluminium à 0,1015 et le plomb à 0,0597. Le nickel vaut ainsi environ 8,5 fois le plomb, et le cuivre plus de 4,5 fois l'aluminium. Ces niveaux restent étroitement dépendants de l'activité manufacturière, en particulier dans l'automobile, l'électronique et les équipements électriques, qui dominent les flux commerciaux.

Taux et consommation : un environnement moins porteur

La forte hausse des rendements des dépôts à terme proposés aux trésoriers d'entreprise modifie le coût d'opportunité du stockage physique. Lorsque la trésorerie rémunérée devient attractive, conserver des stocks de métaux ou d'énergie coûte relativement plus cher. Ce mécanisme peut freiner la constitution de réserves chez les industriels. Conjugué au repli de la consommation des ménages et aux ajustements de production dans l'automobile, il dessine un environnement où la demande en matières premières industrielles reste prudente.

À l'inverse, l'or conserve un statut à part, porté par sa fonction de réserve de valeur. Tant que l'écart entre l'énergie primaire bon marché et les produits raffinés restera marqué, et que les chaînes électroniques continueront de dominer les échanges, la carte des flux mondiaux devrait privilégier les biens à forte valeur ajoutée au détriment des volumes bruts.

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