Gaz européen : la Norvège tient la maison pendant qu'Ormuz se ferme
Flux de gaz vers l'Allemagne centrés sur la Norvège, routes de l'Est à zéro et Qatar qui se couvre via le GNL américain : lecture des données du 24 octobre
Une carte des flux réduite à quelques artères
Le 24 octobre 2026, le point d'entrée d'Emden EPT1, terminal du gazoduc Norpipe, a enregistré 127,7 millions de kWh par jour. C'est l'un des rares flux significatifs de la journée. Face à lui, les routes de l'Est sont à l'arrêt : Mallnow (axe Yamal, Pologne-Allemagne), VIP Waidhaus (Tchéquie-Allemagne) et Baumgarten TAG (Slovaquie-Autriche) affichent zéro, en entrée comme en sortie, les 23 et 24 octobre. À Tarvisio, sur l'axe Autriche-Italie, l'entrée atteint 11,2 millions de kWh par jour.
Pourquoi Ormuz pèse jusqu'à Emden
La guerre israélo-américaine contre l'Iran a fortement réduit le trafic par le détroit d'Ormuz. C'est la seule voie d'exportation du GNL qatari, qui représentait environ 20 % de l'offre mondiale. QatarEnergy vient de signer jusqu'en 2054 un contrat avec Cheniere Energy : 4 millions de tonnes de GNL américain par an à partir de 2030. Cela ne représente qu'environ 1 % du commerce mondial, mais c'est le premier engagement de long terme du Qatar avec les États-Unis.
Le mécanisme est lisible. Quand le premier exportateur mondial se couvre sur l'Atlantique, il anticipe une perturbation durable. Les cargaisons flexibles deviennent plus disputées. Le gaz livré par tuyau, sans passer par un goulet maritime, gagne alors en valeur stratégique pour l'Allemagne.
Côté pétrole, la récupération reste partielle : 11,7 millions de barils par jour franchissent Ormuz en octobre, contre 9,8 en septembre et 14,5 avant la guerre. Au moins 25 navires y ont été touchés lors des vingt premiers jours du mois. Washington, de son côté, vient de qualifier la production et le raffinage pétroliers d'essentiels à la défense nationale et d'invoquer le Defense Production Act. C'est un autre signe que l'offre fossile est traitée comme un enjeu de sécurité.
Un signal côté électricité
Le 23 octobre, les prix day-ahead allaient de 23,07 EUR/MWh en Finlande et 33,90 au Danemark-1 à 124,90 en Tchéquie, 157,93 au Portugal et 227,27 en Suisse, soit près de dix fois l'écart entre Suisse et Finlande. La contrainte est donc aussi locale, portée par les réseaux et les interconnexions, pas seulement par la disponibilité des molécules.
Ce que les données ne disent pas
La prudence s'impose. Le flux d'Emden recule de 432,0 à 127,7 millions de kWh par jour en vingt-quatre heures, soit environ 70 %. Oberkappel et Tarvisio baissent dans des proportions voisines. Cette uniformité évoque une journée incomplète ou un décalage de publication plutôt qu'un choc physique. Zevenaar (entrée) n'a pas de valeur. Le dossier ne précise pas l'origine du gaz, ni les causes des flux nuls à l'Est, ni l'évolution des prix du gaz.
Une conclusion proportionnée
On peut retenir deux choses. La structure des flux repose très largement sur l'axe norvégien, et le Qatar se couvre contre un risque de blocage durable à Ormuz. Mesurer l'effet réel de la crise sur l'approvisionnement allemand exigera des séries complètes sur plusieurs semaines.
Cet article a ete redige avec l assistance de l intelligence artificielle et verifie par notre equipe editoriale.
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