Energy & Commodities • 6 min read • Kambelys Intelligence AI-assisted analysis

Gaz à 88 €/MWh, solaire à 61 € : l'énergie européenne se fracture

Gaz à 88 €/MWh, solaire à 61,33 €/MWh : comparaison des coûts de l'énergie en Europe et impacts sur les marchés, factures et indices boursiers.

Photo by American Public Power Association on Unsplash

**Le gaz a presque triplé depuis la guerre en Iran, alors que les enchères solaires françaises se concluent à des prix en nette baisse. Entre factures qui montent, électricité très inégale selon les pays et marchés en repli, l'énergie dessine deux économies distinctes.**

Deux prix, deux logiques

Le mégawattheure de gaz s'échangeait à 88 euros en gros le 19 octobre, contre 32 euros fin février. Il reste loin du pic de près de 350 euros atteint en 2022, mais il a presque triplé en huit mois. Quelques jours plus tôt, en France, la neuvième période de l'appel d'offres solaire au sol dit PPE2 s'est conclue sur un prix moyen pondéré de 61,33 €/MWh. Ces deux chiffres ne mesurent pas la même chose, mais ils racontent des trajectoires opposées.

Le gaz, un choc d'offre qui descend jusqu'au ménage

L'origine de la hausse du gaz est géopolitique. La guerre en Iran a perturbé environ un cinquième des flux mondiaux de GNL. Il ne s'agit pas d'un risque concret sur la sécurité d'approvisionnement des acheteurs européens, mais d'un déséquilibre de marché. L'Europe doit rivaliser avec l'Asie pour attirer des cargaisons, et ses stocks sont bas : 74 % de remplissage au 17 octobre, le plus faible niveau pour cette période depuis au moins 2011, à quelques semaines de la saison des retraits.

Une transmission déjà visible en France

Le prix de gros finit par atteindre la facture. Dans l'Union, le prix du gaz payé par les ménages a progressé de plus de 70 % entre le premier semestre 2021 et le premier semestre 2026. En France, où près de 40 % des logements sont encore chauffés au gaz, le prix repère calculé par la Commission de régulation de l'énergie a bondi de 34 % entre janvier et octobre. Une nouvelle hausse de 6,6 % est annoncée au 1er novembre.

Le mécanisme dépasse le chauffage. Les centrales à gaz fixent souvent le prix de gros de l'électricité, de sorte que les ménages chauffés à l'électricité ressentent aussi le renchérissement. Dans les pays où le gaz fournit plus de la moitié de l'énergie de chauffage, comme les Pays-Bas, l'Italie, la Hongrie et le Luxembourg, l'exposition est encore plus directe.

Le solaire, un prix fixé par la concurrence

La logique du solaire est inverse. Sur les 925 MWc mis en concurrence dans PPE2, 731 dossiers ont été déposés pour 8 341,42 MWc, soit environ neuf fois la puissance recherchée. 125 projets ont été retenus, pour 931,40 MWc. Le prix moyen pondéré recule d'environ 23 % par rapport aux 79,48 €/MWh de la période précédente. Le résultat est d'autant plus notable que le cahier des charges intégrait un nouveau critère de résilience de l'approvisionnement, plutôt de nature à renchérir les projets.

Le palmarès a aussi changé. Trois opérateurs, EDF power solutions, Reden et Mexens, totalisent 63,10 % de la puissance attribuée, soit 587,63 MWc, tandis que Neoen et TotalEnergies sont absents du classement. Avec la ministre déléguée chargée de l'Énergie, Maud Bregeon, qui annonce un appel d'offres technologiquement neutre pour début 2027, les candidats ont probablement joué serré pour ne pas rater la dernière période. Une partie de la baisse reflète donc l'intensité de la compétition, pas seulement des coûts plus bas.

L'électricité européenne, très inégale

Les prix day-ahead du 16 octobre montrent à quel point le coût du mégawattheure électrique varie d'un pays à l'autre : 25,58 €/MWh en Finlande, 124,83 au Portugal, 153,07 au Danemark (zone DK-1), 179,22 en Tchéquie et 217,94 en Suisse. Entre la Finlande et la Suisse, l'écart dépasse un rapport de huit. Le dossier n'explique pas ces écarts, et un seul jour ne fait pas une tendance. Mais ils rappellent que le prix payé dépend de la manière dont chaque marché produit et échange son électricité, et que le gaz n'en est qu'un des déterminants.

Des marchés sous tension

Sur les marchés, le pétrole reste cher : le Brent cotait 109,60 et le WTI 98,50, le Brent étant près d'un plus haut de cinq mois sur fond de tensions au Moyen-Orient. Ces tensions touchent aussi le Golfe : le report à 2027 de la conférence Future Investment Initiative à Riyad, après une série d'attaques houthies dont des frappes visant des installations de Saudi Aramco, montre que le risque sécuritaire pèse désormais sur l'agenda économique de la région.

En Europe, les indices ont reculé : le CAC 40 de 1,11 %, le DAX de 1,18 % et l'Euro Stoxx 50 de 0,96 %, dans un climat de manifestations contre le coût élevé de la vie. Les titres d'État reflètent aussi cette nervosité, avec un rendement à dix ans de 4,93 % pour la France contre 3,45 % pour l'Allemagne. L'énergie n'est pas l'unique explication de ces mouvements, mais elle contribue à l'inflation et à la perception du coût de la vie.

Ce que les chiffres ne disent pas

Plusieurs réserves s'imposent. D'abord, les 88 €/MWh du gaz sont un prix de combustible, alors que les 61,33 €/MWh du solaire sont une rémunération d'électricité : produire de l'électricité au gaz coûte davantage que le seul prix du combustible, mais le dossier ne chiffre pas ce surcoût. Ensuite, PPE2 ne concerne qu'une période, une filière et un pays. Enfin, rien dans les données ne démontre que les manifestations ou le recul des indices résultent des prix de l'énergie : ce sont des événements simultanés, dont le lien reste à établir. Le dossier ne dit rien non plus du prix du gaz pour les industriels ni du prix de détail de l'électricité.

Une divergence plus qu'une solution

Ce que l'on peut raisonnablement conclure est limité mais net. Un choc d'offre sur le GNL, aggravé par des stocks bas, renchérit durablement le gaz et se répercute avec retard sur les ménages, comme le montre la séquence française de hausses. Dans le même temps, les capacités solaires attribuées par enchères le sont à des prix en baisse, indépendants du cours du gaz. Cette divergence éclaire les arbitrages à venir, notamment avec l'appel d'offres de début 2027. Elle ne dit pas encore si le solaire pourra protéger les consommateurs d'un nouveau choc gazier : cela dépendra du volume installé, de son raccordement et du poids du gaz dans la formation des prix.

Cet article a ete redige avec l assistance de l intelligence artificielle et verifie par notre equipe editoriale.

This analysis was produced with the assistance of artificial intelligence, from institutional sources and verifiable open data. AI Transparency

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