Solaire : un été sans ouragan, plus de soleil mais aussi plus de poussière
Sans ouragan, le sud des États-Unis a gagné 10 à 20 % d'ensoleillement, mais l'encrassement des panneaux atteint un record sur vingt ans.
Un calme cyclonique inhabituel
Début octobre, l'Atlantique avait vu se former huit tempêtes tropicales, dont aucune n'était devenue ouragan. Le plus tardif premier ouragan jamais enregistré remonte au 8 octobre 1905, ce qui place 2026 tout près de ce record. Seules deux saisons, 1907 et 1914, se sont achevées sans ouragan, mais avant l'ère des satellites, quand la détection était moins fiable.
El Niño et haute pression
Le mécanisme est en deux temps. Selon l'analyse de Solcast, El Niño a renforcé le cisaillement de vent sur l'Atlantique tropical, ce qui a perturbé le développement des systèmes. L'air saharien a pu contribuer à freiner leur intensification. En parallèle, une haute pression persistante sur le centre-sud des États-Unis a limité la formation de nuages.
Un gain d'ensoleillement mesurable
L'irradiance a dépassé la moyenne de 10 % à 20 % dans les États du Sud et sur une grande partie du Mexique en août et septembre. La Basse-Californie fait exception, avec une activité cyclonique plus forte sur le Pacifique. Le ciel était plus couvert plus au nord, notamment sur certaines zones de l'Iowa, de l'Illinois et de l'Indiana.
Pour les exploitants de centrales, ce surplus de rayonnement est a priori une bonne nouvelle. Les données sont produites à une résolution de 1 à 2 km et un biais typique inférieur à 2 %. Elles servent à plus de 350 entreprises qui gèrent plus de 350 GW d'actifs solaires dans le monde.
Le revers : l'encrassement
Le temps sec qui accompagne ces ciels dégagés a un coût. À Dallas, les pertes modélisées par encrassement ont atteint en moyenne 1,08 % sur août et septembre, contre 0,28 % pour la période 2007-2025. C'est le plus haut niveau de la série de vingt ans, soit près de quatre fois la moyenne. Le pic a touché 2,23 % avant que les pluies ne nettoient en grande partie les modules.
Un même régime météorologique accroît donc le gisement solaire et réduit le rendement des installations. L'effet net dépend de l'ampleur respective des deux phénomènes.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Le dossier ne chiffre pas ce solde. Une perte de 1 à 2 % pèse sans doute peu face à un gain d'irradiance de 10 à 20 %, mais cette comparaison reste une hypothèse. Les pertes d'encrassement reposent sur un seul cas d'étude et sur une modélisation. Rien n'établit de lien avec le réchauffement climatique : El Niño est le facteur évoqué, et le rôle de l'air saharien reste conditionnel. Enfin, la tempête Isaias, annoncée en renforcement sur le golfe du Mexique avec un possible passage en catégorie 2 avant son arrivée sur la côte du Golfe, doit mettre fin à cette séquence.
Les données disponibles ne comportent pas non plus d'indicateurs d'émissions ou de finance verte permettant de mesurer l'avancée de la transition. Elles montrent plutôt que la performance du solaire suit les caprices du climat, et que les exploitants gagnent à intégrer la variabilité météo, y compris le nettoyage des modules, dans leurs prévisions.
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