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Aimants de terres rares : janvier 2027, double piège pour la défense américaine

Pentagone le 1er janvier, trêve chinoise le 10 : 48 000 tonnes d'aimants requises, 300 produites. Analyse d'un double risque pour la défense américaine.

**Deux dates séparées de neuf jours, le 1er et le 10 janvier 2027, concentrent les risques sur l'approvisionnement militaire américain en aimants de terres rares. Entre une règle du Pentagone sans dérogation et une trêve chinoise fragile, l'écart entre besoins et capacités reste considérable.**

Une dépendance mesurable

L'an dernier, les États-Unis ont eu besoin d'environ 48 000 tonnes d'aimants de terres rares courants. Les sources domestiques en ont fourni 300. Le reste est venu de l'étranger, et la Chine contrôle plus de 90 % de l'offre mondiale. Cet écart devient un enjeu stratégique au moment où deux échéances convergent.

Le Pentagone ferme la porte de service

Jusqu'ici, la règle DFARS n'écartait les aimants chinois que sur les dernières étapes de fabrication. Au 1er janvier 2027, elle s'appliquera à toute la chaîne, de l'extraction du minerai à l'aimant fini. Un seul maillon situé en Chine, en Russie, en Iran ou en Corée du Nord suffit à interdire la livraison au Pentagone. Un décret signé en juillet demande par ailleurs de cesser les dérogations de routine : l'absence de source domestique qualifiée ne prouve plus, à elle seule, qu'aucune n'existe.

Pékin garde la main neuf jours plus tard

En octobre 2025, la Chine a annoncé des règles d'exportation très restrictives : refus quasi systématique des licences pour les entreprises liées à des armées étrangères, y compris américaines, et contrôle des aimants fabriqués ailleurs s'ils contiennent des traces de terres rares chinoises. Ces règles sont suspendues par une trêve, prolongée fin septembre seulement jusqu'au 10 janvier, alors qu'une extension de six mois ou plus était attendue. Les restrictions d'avril 2025 restent, elles, en vigueur : les exportations chinoises de dysprosium et de terbium ont reculé d'environ 83 % en janvier 2026 sur un an. Fin août, l'oxyde de dysprosium se négociait à Rotterdam près de cinq fois son prix en Chine.

Pourquoi l'argent ne suffit pas

Les investissements publics se chiffrent en dizaines de milliards de dollars, mais la capacité américaine d'aimants ne devrait atteindre qu'environ 5 000 tonnes fin 2026, face à une demande proche de 48 000. Le verrou principal est la séparation, étape de purification où la Chine traite environ 99 % des terres rares lourdes. Le calendrier des projets alternatifs le confirme : l'un des plus avancés, en Saskatchewan, attend ses premiers matériaux à qualifier au quatrième trimestre 2026 et ne prévoit des livraisons commerciales qu'au troisième trimestre 2027, soit après l'échéance du Pentagone.

Des incertitudes à garder en tête

Plusieurs éléments tempèrent ce constat. La trêve peut être prolongée, et Pékin affirme y travailler. Les estimations de capacité et de demande ne s'accompagnent d'aucune méthodologie, et les projections de calendrier proviennent en grande partie des entreprises concernées. Enfin, le dossier ne contient aucune donnée sur d'éventuelles flexibilités d'application de la règle.

Une conclusion proportionnée

Les faits établis dessinent un risque d'approvisionnement tangible pour les sous-traitants de défense américains au premier trimestre 2027. L'offre non chinoise qualifiée sera très inférieure aux besoins, et les prix hors Chine intègrent déjà cette rareté. Ce que feront Pékin le 10 janvier et Washington face aux premières défaillances de conformité reste, à ce stade, ouvert.

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