Ormuz : le brut à 105 $ freiné par l'offre, le gaz allemand vacille
Brent à 104,67 $ malgré les attaques à Ormuz : l'offre du Golfe freine les prix, tandis que les flux gaziers vers l'Allemagne chutent d'environ 70 %.
Un pétrole sous tension, mais plafonné
Le Brent s'établissait à 104,67 dollars le baril, en baisse de 1,39 dollar, et le WTI à 94,07 dollars, soit un écart de 10,60 dollars. Pourtant, les attaques contre la navigation autour d'Ormuz se sont intensifiées sur les dix derniers jours, avec deux navires coulés en 24 heures. L'Iran affirme durcir ses frappes en réponse au blocus américain de ses ports. Les Houthis ont de leur côté visé le siège de Saudi Aramco.
Trois soupapes d'offre
Plusieurs éléments empêchent la prime de risque de s'emballer. Les exportations de brut des producteurs du Golfe ont gagné 4,4 millions de barils par jour en septembre et atteignent environ 75 % des niveaux d'avant-guerre. La production russe a progressé de 65 000 barils par jour sur un mois, à 8,43 millions, même si elle reste inférieure de 870 000 barils par jour à son niveau d'il y a un an. Enfin, l'administration américaine étudie un assouplissement des sanctions visant les navires de la flotte fantôme, afin de réduire les coûts de transport.
Des investisseurs prudents
Le signal le plus parlant est sans doute l'absence de réaction à une nouvelle haussière. Les stocks de brut américains ont reculé de 11,1 millions de barils sur la semaine achevée le 9 octobre, bien plus que prévu, sans soutenir les cours. Cette inertie suggère que les opérateurs hésitent à acheter à ces niveaux.
Le gaz : un système sensible aux flux d'entrée
Les données de flux physiques montrent une autre fragilité. Au point d'entrée d'Emden EPT1, sur la liaison norvégienne, le flux est passé de 378 139 442 kWh par jour le 16 octobre à 122 505 414 le lendemain, soit environ -68 %. À VIP Oberkappel, la sortie vers l'Allemagne a chuté de 109 834 979 à 33 245 639 kWh par jour, soit un recul d'environ 70 %. Les points Mallnow, Baumgarten TAG et Waidhaus affichent des flux nuls ou quasi nuls aux dates observées.
Côté électricité, les prix day-ahead du 16 octobre vont de 25,58 EUR/MWh en Finlande à 217,94 EUR/MWh en Suisse, avec 153,07 au Danemark-1 et 179,22 en Tchéquie. Cette dispersion d'un facteur supérieur à huit illustre un système européen fragmenté.
Ce que les données ne disent pas
Plusieurs limites s'imposent. Le dossier n'explique pas la chute des flux du 17 octobre : une maintenance, une donnée partielle ou une contrainte d'offre restent possibles. Aucune série historique du Brent n'est disponible pour mesurer la durée du plafonnement. Les perturbations du GNL liées à Ormuz ne sont évoquées que par un résumé sans chiffres. Enfin, rien ne prouve que le pétrole et le gaz européen évoluent ici par causalité directe.
Une conclusion proportionnée
Le pétrole se négocie dans un équilibre tendu : un risque géopolitique réel, tempéré par le redressement de l'offre du Golfe et de la Russie et par la possible détente sur les sanctions. Pour le gaz européen, la volatilité des flux appelle une surveillance, sans qu'une cause puisse être établie à ce stade.
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